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Se remarier après un divorce : ce que disent les Églises

C'est la question qui revient le plus souvent, et celle sur laquelle on trouve le moins de réponses paisibles. Voici ce que disent les différentes traditions chrétiennes — et pourquoi la réponse dépend en partie de la vôtre.

· 6 min de lecture

Vous avez divorcé. Des années ont passé. Vous vous demandez si vous avez le droit d'aimer à nouveau — et si, en le faisant, vous trahissez quelque chose. Cette question est lourde à porter seul, et beaucoup la portent en silence, par crainte du regard de leur communauté.

Disons-le d'emblée : cet article ne tranchera pas pour vous. Les traditions chrétiennes ne disent pas la même chose, et prétendre le contraire serait vous mentir. Ce qu'il peut faire, c'est vous donner une carte claire, pour que vous sachiez à qui parler et quoi demander.

Le point de départ commun

Toutes les Églises chrétiennes partagent un même point d'ancrage : le mariage est pensé comme une alliance durable, et la séparation est vécue comme une blessure, jamais comme une chose neutre. Aucune tradition ne traite le divorce à la légère.

C'est après ce constat commun que les chemins divergent — et c'est précisément là que se joue votre question.

L'Église catholique : la question de la validité

La position catholique repose sur l'indissolubilité du mariage sacramentel. Le divorce civil ne défait pas, aux yeux de l'Église, le lien contracté. Un remariage religieux n'est donc pas possible tant que le premier lien est reconnu valide.

Le point que beaucoup ignorent, c'est que la question posée n'est pas « puis-je divorcer puis me remarier ? » mais « le premier mariage était-il valide ? ». C'est l'objet de la procédure en déclaration de nullité, qui examine si les conditions d'un engagement libre et éclairé étaient réunies le jour de la célébration. Ce n'est pas un « divorce catholique » : c'est un constat portant sur l'origine.

Ces dernières décennies, l'accent pastoral s'est déplacé vers l'accompagnement des personnes divorcées remariées et leur place dans la vie de l'Église. Les pratiques concrètes varient d'un diocèse à l'autre et se discutent dans un dialogue personnel. Si c'est votre situation, la démarche utile est d'aller voir un prêtre ou le service diocésain compétent — et de poser la question franchement.

Les Églises orthodoxes : une seconde chance encadrée

Les Églises orthodoxes tiennent le même idéal d'indissolubilité, mais admettent, par ce qu'elles appellent l'économie — une application miséricordieuse de la règle face à la fragilité humaine — qu'un second mariage puisse être célébré. Le rite en est différent : plus sobre, il porte une dimension pénitentielle assumée.

Concrètement, un remariage religieux y est possible, avec l'accord de l'autorité ecclésiale et après un chemin d'accompagnement.

Protestants et évangéliques : la conscience et la communauté

Les Églises issues de la Réforme ne considèrent généralement pas le mariage comme un sacrement au sens catholique. Le remariage y est donc largement possible, souvent après un temps d'accompagnement pastoral.

Attention toutefois à une simplification répandue : « protestant = pas de problème » est faux. Les positions varient énormément d'une union à l'autre, et certaines Églises évangéliques sont bien plus exigeantes que d'autres traditions. La bonne question n'est pas « que dit le protestantisme ? » mais « que dit ma communauté locale ? ».

Trois choses utiles, quelle que soit votre tradition

Allez chercher la réponse à la source. Un forum, un article — celui-ci compris — ne connaît pas votre histoire. Un prêtre, un pasteur, un accompagnateur, oui. La réponse qui compte est celle qui tient compte de ce que vous avez vécu.

Ne confondez pas la règle et le regard des autres. Beaucoup de personnes divorcées s'interdisent d'avancer non à cause d'une doctrine, mais par peur du jugement de leur entourage. Ce sont deux obstacles distincts, et ils ne se traitent pas de la même façon.

Prenez le temps. Rien de ce qui se décide vite après une séparation ne se décide bien. Une rencontre qui compte supportera très bien d'attendre que vous ayez fait ce chemin.

Et si vous voulez rencontrer quelqu'un maintenant

Vous n'avez pas à avoir réglé toute votre situation canonique avant de parler à quelqu'un. Vous avez le droit de rencontrer une personne qui comprend d'où vous venez, sans avoir à vous justifier au premier message.

C'est une des raisons d'être de ce site : la fiche de chacun indique sa situation — célibataire, divorcé, veuf, séparé — et sa sensibilité religieuse. Non pour trier les gens, mais pour que les malentendus tombent avant la conversation plutôt qu'après. Et parce qu'ici, on découvre une personne — sa foi, ses mots — avant sa photo.

Créer votre profil est gratuit et discret : votre photo reste floutée tant que vous n'avez pas choisi de la montrer.

À lire ensuite : comment discerner si c'est la bonne personne.